Cour d'école.

Cour d'école.
De la fenêtre, je m'y revoyais. Assis, à regarder la bouteille en plastique qui tournait. A ne plus respirer quand le désigné bouchon la pointait. Je me revoyais. A calmer mon c½ur qui sombrait dans la folie. Et je la revoyais, elle, la primeure de mon c½ur. Et la bouteille qui tournait. A un moment, mon souffle s'est vraiment coupé. La bouteille, au milieu, s'était arrêtée. Je devais déposer mes lèvres sur les siennes. Je devais l'embrasser. Je me revoyais m'avancer, l'embrasser.


De la fenêtre, je la revoyais cette cour. Premier baiser, premiers amours. La main douce qu'elle me tendait, que je prenais. Empressé. Et le baiser dont je me souviendrais. Celle que tout le monde aimait, la belle, la Blonde, la Ravissante et charmante. Celle qui aurait pu avoir le monde à ses pieds. L'Ange. Elle m'avait embrassé, dans un coin, juste là. Je le revoyais de loin. Ce baiser là, je l'ai sans doute rêvé. Sans doute toujours espérait. Et quand on me demande de me remémorer mes premiers baisers, je pense au même. Systématiquement, machinalement. Je me revois déposer mes lèvres sur les siennes. Très rapidement. Et, en vérité, je ne sais jamais si c'était un rêve. Ou la réalité. En tout cas, ça restera mon premier baiser.

# Posté le samedi 07 novembre 2009 18:32

Modifié le dimanche 08 novembre 2009 07:28

Vous vous souvenez ?

Vous vous souvenez ?
Une année et pas des poussières.
Une année, une année.
Je revis la soirée, comme si que j'y étais.
Une année.
Et l'année dernière, je virvoltais.
L'année passée, j'allais du canapé à la télé, sans m'arrêter. Sans m'arrêter de bouger.
Je me réchauffais, m'emmitouflais, me couchais au fond de l'oreiller, les yeux rivés. Les oreilles aux aguets. L'année passée, le monde palpitait.
Une année déjà que le monde a tremblé. Comme il n'avait jamais tremblé.
Les pieds tapaient, les mains s'entrechoquaient et les larmes coulaient.
Une année.
Une année qu'il est né.
Je ne me suis pas couché.
Une année.
L'année passée, le rêve s'est réalisé.
Une année. Une année déjà.
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# Posté le mardi 03 novembre 2009 17:04

Fixations/Fellations.

Fixations/Fellations.
C'était l'heure de la récré, entre deux cours. De la pause. Il y avait des gens qui criaient, qui fumaient, et qui baisaient dans les toilettes. On lui avait dit ça, à lui, le nouveau, le jeune premier, le novice, l'arrivant. Qu'il y avait des gens qui baisaient dans les toilettes. Des filles qui s'accroupissaient et rythmaient leurs journées aux sons des braguettes. Mais pour lui, il n'y avait qu'Elle.
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# Posté le vendredi 30 octobre 2009 18:50

Fausses visions.

Je me vois ne pas l'avoir. Je le vois qu'il s'éparpille. Je vois que je l'atteins pas. Je vois que je le touche même pas. Je vois qu'il m'évite. Je vois que je l'aurais jamais. Pas maintenant. Je vois qu'il va me manquer. Et il sera pas le seul ... Je le vois loin, pas dans mes mains. Je vois qu'il n'arrivera jamais aux creux de mes mains. Il sera éternellement trop loin.
Je les vois, souriants, qu'ils s'en vont. Je les vois sécouer leurs paumes, me disant au revoir sur le bas-côté. Je les vois fuyants. Je les vois qu'ils disparaissent dans la brume matinale, ou dans la nuit noire. Je ne sais plus trop.
Je vois que j'y resterai. Encore longtemps. Trop longtemps. Je m'y vois, dormir, des nuits, des jours. Roupillant sur un bureau. Etalé sur une table. J'y resterai. C'était pas un voeu, plutot un cauchemar. Je voulais pas.
Je vois les téléphones qui vibrent, parfois. Je vois qu'ils s'éteignent. Je vois des amis qui se déchirent, se séparent. Je vois des téléphones qui n'ont plus batteries. Je me vois comme un téléphone niqué. Comme un téléphone gisant. Comme mort. Parcequ'ils sont partis, m'ont laissé.
Je ne vois pas. Je prevois.

# Posté le mercredi 28 octobre 2009 16:05

Les mathématiques et la philosophie entretiennent des relations intimes.

Les mathématiques et la philosophie entretiennent des relations intimes.
Un regard dans le couloir d'un bahut, les étincelles fusent. Un choc scolaire, culturel.
L'odeur fraiche des trousses me colle encore au nez, la première fois que je l'ai vu , une cigarette à la main , un air stréssé ,une barbe de quelques jours. Surprise en plein éloge, le prof de maths m'intimide. Il est beau et il fume, je suis belle et je bois. C' est un prof de maths et je suis une élève de première Littéraire, tout nous oppose mais l'attirance est bien là. Un regard profond , des rencontres brèves, tel un coup de vent.

Un amour impossible comme une alchimie entre Equation et Allégorie, deux univers différents, deux statuts incompatibles, un amour irrationnel, une antithèse.











Texte de Tissem, invitée d'une nuit ici.

# Posté le mercredi 28 octobre 2009 19:31

Modifié le jeudi 29 octobre 2009 08:26

J'ai répondu NON quand le maire m'a demandé " Voulez-vous prendre pour époux .. ? "

 J'ai répondu NON quand le maire m'a demandé " Voulez-vous prendre pour époux .. ? "
Non à l'entrée de la Turquie, l'Espagne a dit OUI au traité de Lisbonne.

J'ai dis non, je dis non, mais j'espère un jour dire oui.

Le non est la réaction automatique à une question, il est l'assurance.
Donc j'ai dis non aux amours qui ont toquer à ma porte, meme si l'envie de dire oui était suspendue à mes levres.J'ai dis non aux bras qui se sont ouverts pour me réconforter. A cause de ce NON, je suis passer à coté de l'amour vrai, l'amour qui donne des ailes. Car ce dernier a dit oui : ce n'était pas à moi, c'était à une autre

Non, simple négation. Ne jamais rien , double négation.

Le NON avait détruit ma vie mais a fait moins de dégats qu'aurait fait le OUI.

Je dis non , quand je veux dire oui , par peur que le oui ne se transforme en non, mais non , qu'est - ce que je raconte ? J'avoue , je devrais jouer au jeu " Ni oui , Ni non " .... Rafarin sort de ce corps !







Texte de Tissem, invitée d'une nuit ici.

# Posté le mercredi 28 octobre 2009 18:06

Modifié le mercredi 28 octobre 2009 19:39

Brouillon d'amours.

Des coups dans la gueule, du sang qui coule, des paupières violassées, des yeux ouverts, presque exhorbités. La boucle de fer s'est abattue sur sa gueule, à lui. Il n'a rien pu dire. Indignation. Pleures. Des larmes qui ne sèchent pas. Des horreurs imprégnées. Pour longtemps. Violence. Boum, comme un coup qui raisonne. Le gamin tombe, par terre. Et les coups qui pleuvent. Et les autres qui pleurent. Indignation. Inaction.

Des phares, des lumières qui plongent les pupilles dans un blanc chatoyant, dans l'Invisible. Et des mains qui s'agitent. Inaudible. Invisible. Monde parallèle. Les corps s'ondulent. Bougent jusqu'à transpiration. Et la tête s'incline. On salue. S'indigne, encore. Et on oublie, un instant seulement grâce à cette mystique lumière.

Je suis pas tombé amoureux d'un bébé phoque. Ni d'un gamin qui n'a pas ses deux dents de devant et qui fait une pub pour CHARAL. Je suis pas tombé amoureux d'un homme avec des ADIDAS, ni d'un boxer (chien et non un DIM). Je suis pas tombé amoureux d'une pétasse, ni d'une patate avec du fromage dedans, comme ils font à Bastille. Je suis tombé amoureux de pleins de choses, mais pas d'une souris, ni d'un renard qui tenait dans son bec un fromage. Je suis tombé d'une chanson, d'une fille, d'une femme et de ... Récolte satisfaisante pour une journée.

Elle manque. Coeur qui bat la cadence. Pensée. J'y ai pensé, tout à l'heure, et hier, et l'autre fois. Pensée. J'en ai déjà parlé de ma dulcinée, de la demoiselle, ici. Je l'aime. Pensée.

On change d'heure, ce soir. Ou demain soir. On dort plus aujourd'hui. Ou demain. Bientot.

Il l'aime. L'a vu je sais pas quand. Il l'a aperçu, je le vois d'ici la contempler. L'admirer. Ses dents, ses cheveux et sa discrétion. Cette discrétion coquine qui attire. Qui attise. Que l'autre savait manier avec justesse, et tendresse. Qu'elle sait controler avec simplicité et beauté. Il l'aime et c'est comme ça. L'oeil attendrit et posé sur sa dulcinée. Sa Belle de la soirée ...

# Posté le vendredi 23 octobre 2009 19:46

Modifié le vendredi 23 octobre 2009 20:08

Ferme ta gueule.

Ferme ta gueule.
C'est possible, tu crois, toi ?
Non.
Deux ans. Ou plus. Que je la connais, que je la regarde, que je lui parle. Presque tous les jours. Que je vois ses doux cheveux, ses yeux dessinés de noir. Deux ans. Ou plus. Et, en une soirée, l'amitié niquée. Quand nos bouches se croisent, qu'un silence en sort. Quand elles se croisent, elles s'improvisent murs.
J'y pense. Elle aussi, je crois. J'espere.
Un phrase balancée, surement réfléchie. Qui hop touché-coulé. Comme à la bataille navale. Comme un bateau qui navigue, qui navigue et percute un enculé d'iceberg. Titanic. Amitié niquée, qui touché-coulé va s'improviser ancre marine, à jamais incruster. Résistante aux flots contraires qui veulent, malencontreusement, la détacher.
C'est possible tu crois, toi, deux années en une soirée ?
Oui. Ou non.
Deux ans. Ou plus. Dialogue rompu. On fait du théâtre sans mots. C'est pas moche, l'amie, mais reprenons nos textes !
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# Posté le mardi 13 octobre 2009 18:32

S.

S.



J'ai rien a dire aujd'hui.


















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# Posté le mardi 13 octobre 2009 08:26

Ma Vie de demain.

Ma Vie de demain.
On m'a demandé de définir ma Vie. En un mot. Plusieurs se sont bousculés à l'entrée. J'ai répondu. Céleste. Ma vie est céleste. Divine. Aérienne. Ma Vie est belle, tellement belle qu'elle est située dans les profondeurs de l'Ailleurs. Mais que dis-je ? Je délire. Ma Vie est belle. Je sais pas. S'éloigner dans des pensées philosophiques. Pas à cette heure de la nuit, par pitié. Céleste. Ma Vie est indétronablement divine. J'abuse. Je parle de moi, ici. Je voulais pas. Ma Vie est belle ? La liberté, je l'ai pas. Détrompez vous. Et céleste, elle est céleste ma Vie, à moi ? Oui. Je crois. Elle est ponctuée de ces points qui la font s'envoler, qui la font devenir intouchable. Perchée. Ma Vie est comme ça. Pas comme eux, elle est unique. Ma Vie est belle, j'en suis convaincu. Niquez vos mères, les intrus. Je suis vulgaire, c'est mon côté vaporeux. Ma Vie est belle. J'en sais rien. En tout cas, quand on m'a demandé de la définir en un seul mot, je pouvais avoir 10, 20, 30, même 50 ans. A ce moment, quand mes doigts ont pianoté CELESTE, j'avais pas 17 ans. Mais quelques années de plus.
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# Posté le dimanche 04 octobre 2009 18:54